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31/10/2006
Turistas
Je reviens d'une avant-première d'un film d'horreur intitulé Turistas. Il sort aux EU le 1er décembre et est interdit aux moins de 17 ans (R rated).
3 jeunes étatsuniens viennent passer leurs premières vacances au Brésil. Alors que le chauffeur de bus les conduits sur leur lieu de destination, il perd le contrôle du véhicule [ça m'a rappelé les chauffeurs maltais...] et, avant de tomber dans un ravin, tout le monde réussit à sortir à temps. Le frère, la soeur et sa meilleure amie font la connaissance de deux anglais venus pour la chaleur (des filles) du Brésil et une australienne (je crois) qui est la seule à parler portugais.
Ils finissent par découvrir une plage paradisiaque avec alcool, filles, musique et tout le tralala. Ils sympathisent avec deux suédois et un brésilien. Les lendemains de fête étant toujours difficiles, ils se rendent compte qu'ils ont été dépouillés de toutes leurs affaires. Méli-mêlo et quasi bagarre dans le village où ils se mettent à dos les villageois jusqu'à ce que Kiko le brésilien les prend en charge et les fait traverser la forêt pour les conduire dans la maison de son oncle. On comprend bien évidemment que c'est un piège depuis le début et qu'il va leur arriver malheur, Brésil et trafic d'organes obligent. Ca ne manque pas car après un peu de suspens dans une maison guère accueillante, l'oncle - un doctor vraiment pas gentil - débarque avec ses hommes de main, dont un indigène. Il va récupérer les organes de la meilleure amie, sous les yeux d'un des anglais... Je vous préviens, c'est très visuel comme film... Les autres, enfermés, tentent de se libérer, d'aller libérer les autres; course-poursuite et vas-y que je te fais mal, que je te tire dessus et patati et patata... Tout le monde meurt sauf - et on le devine depuis le début - le frère et la soeur (car représentant la cellule familiale) et la fille lusophone. Ils s'échappent mais les ennuis continuent jusqu'à ce qu'ils finissent par sortir de cette aventure, après un jeu mortel dans les grottes sous-marines, là où précédemment ils s'étaient bien amusés. Ils sont recueillis par une famille brésilienne, bien gentille cette fois, à la fin. Ils prennent l'avion et conseillent à de futurs touristes (anglais ou australiens, vu l'accent) de bel et bien prendre l'avion et non le bus, sous-entendant qu'il est préférable de ne pas sortir des sentiers battus.
Bon, c'est Halloween, c'est gore, y'a du sang et du frisson, du suspens et tout ça. J'ai pas été transcendé, d'autant que psychologiquement, il y a des trucs qui ne fonctionnent pas vraiment dans ce film.
Malgré tout, sociologiquement, il est très intéressant. Il y a vraiment matière à discussion. Voici ce que j'en dis, ça vaut ce que ça vaut.
Tout d'abord, la construction de l'Autre vaut son pesant de cacahuètes. On joue bien sûr avec les clichés du Brésil, connu pour sa chaleur, ses plages, ses filles, et l'on associe l'exotisme avec la fête et l'alcool (et le sexe). La pauvreté du pays est aussi bien présente et l'on peut tuer quelqu'un dans la rue, comme ça, sans que cela ne suscite une quelconque réaction. Le trafic d'organes est malheureusement une triste réalité, dont le film se fait témoin. Mais l'Autre implique l'inconnu et la peur et réveille les instincts les plus primaires. C'est ainsi que sous l'image-cliché de carte postale, qui sert finalement de piège, se cache l'inhospitalité. Il semblerait qu'à la fin, on nous donne une autre image du Brésil, celle où les habitants ne sont pas assoiffés de sang mais où l'entreaide existe. Ce point positif, lorsque les trois survivants sont aidés par une famille, est écornée par le fait que le père, prévenu par des enfants (il est d'ailleurs intéressant de noter le poids de l'enfant dans ce film, comme s'ils étaient l'âme du Brésil en quelque sorte), accourt... une machette à la main. Et même s'il se rétracte voyant qu'il n'y a pas de problème, l'accent a été mis sur la peur. C'est donc un clash des civilisations qui s'est joué sur grand écran. Du coup, on sort de la salle et on n'a vraiment pas envie de mettre les pieds au Brésil! C'est d'ailleurs le message du film: certes, vous pouvez tenter l'exotisme mais restez vigilant et ne vous égarez pas... Comme si la promotion était celle d'un tourisme de masse de base. A un moment, Alex commande un coca et celle qui parle portugais lui dit d'expérimenter et de prendre quelque chose de local, il se rétracte. On a donc cette vision du touriste de base, qui reste dans le connu. Je pense que l'on peut découvrir un pays, une autre culture par d'autres moyens. Certes, il faut faire attention, plannifier et se faire aider de gens qui s'y connaissent.
Concernant l'Autre, il est notable de faire tuer - et ce, de manière assez gore - les deux suédois d'abord. Les Anglais meurent aussi car après tout, ils sont construits comme de simples amateurs de chair et si le spectateur n'a pas d'antipathie particulière pour eux, je ne pense pas qu'il les place en haute estime, car ce ne sont que deux rigolos, qui font quelques bêtises et l'étatsunien ne se gêne pas pour le leur faire remarquer.
La barrière de la langue est aussi importante et elle augmente la peur qui peut s'emparer des personnages lors des moments de grande confusion ou de suspens difficile à tenir. Et le film ne sous-titre que certains passages, ce qui fait que nous spectateurs, nous nous retrouvons un peu à la place des protagonistes car on aimerait comprendre TOUT ce qui se dit alentour, mais on n'en a pas les moyens. Et si ceux qui ne parlent pas portugais essaient de faire des efforts pour communiquer, l'image n'est guère positive, c'est du moins l'impression que j'en ai eu. Le titre est, par conséquent, tout à fait intéressant vu qu'il s'agit du mot portugais. Sur ce coup-là, la traduction française (aussi transparente en anglais qu'en français) serait mal à propos.
Ensuite, on retrouve, comme dans tout "bon" film d'ado étatsunien, le cocktail fête/alcool/sexe. Et ce n'est pas le tiercé gagnant car ce sont trois notions qui sont les causes du problème. Ces trois notions sont indissociables et fonctionnent ensemble. La fête du début est très sexualisée - et le cliché de la femme brésilienne, femme facile qui embrasse et couche tout de suite, ne fait qu'augmenter la chose - et très alcoolisée. On boit et on baise (d'ailleurs, l'anglais qui couche avec la brésilienne qui lui fait du gringue se retrouve dans une mauvaise posture quand, dans la scène post-coïtale, où, au passage, il y a eu utilisation du préservatif (youpi, un point positif... il était pas si insouciant que ça!), la jeune femme se lève et va se payer dans son porte-monnaie. Il a beau dire que ce n'était pas comme ça qu'il voyait la chose (et il demande d'ailleurs à la fille, "tu m'aimes bien, non?" et elle lui répond... non!), elle prend l'argent et s'en va. Si tout ça fait partie du traquenard, elle prend une partie du butin, mais il n'en reste pas moins que la brésilienne est donc cantonnée à son rôle de prostituée. Plus généralement, on en reste avec l'image de la femme qui ne parvient à ses fins qu'en utilisant le sexe. L'homme est assez faible et stupide pour se laisser prendre (sans jeu de mot), c'est pour ça que je disais que c'est en fait la femme qui a le pouvoir: l'homme est faible car il réagit sexuellement au quart de tour (vu qu'il a un pénis).
La critique étatsunienne est très superficielle et se trouve dans la bouche du docteur qui crache sur les Gringos alors même qu'il est en train d'enlever les organes de la fille. Il est d'une impassibilité déconcertante. Ca s'arrête là... mais en tant que méchant, il est un peu bête parce qu'il finit par se faire tuer par l'indien qui lui sert d'homme de main. Dans la confrontation finale où l'indien tient les 3 jeunes en joue et que le docteur, assommé par Alex, est étendu sur le sol, il y a un échange entre le docteur qui demande à ce que l'indien les tue et la fille qui parle portugais qui lui dit de ne pas le faire et de se rebeller contre un homme qui le tient en esclavage. Evidemment, le docteur le traite de lâche et il finit par se faire achever! Alors oui, il est dit en gros que l'étatsunien - l'occidental en général - se comporte comme en terrain conquis lorsqu'il n'est pas chez lui, qu'il n'a pas de volonté d'intégration...
Donc voilà, en gros, c'est pas un film qui va faire de la bonne pub pour le Brésil, loin de là. L'Autre est socialement construit comme différent et donc comme suscitant la peur. Et c'est pas top, même si c'est intéressant.
Voilà donc la toute première critique de ce film. Vu qu'il n'est pas encore sorti - même pas ici -, c'est votre première source d'informations. Si l'envie vous en prend d'aller le voir, je serai heureux d'avoir votre avis sur la chose.
Sur ce, à la prochaine.
PS: un petit lapsus freudien de mon coloc' qui vaut son pesant de cacahuètes. Au lieu de dire "trafic d'organes", il a dit "trafic d'orgasmes"
Bande-annonce:
03:15 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Poème sur le Temps
Pour devoir de mi-trimestre en littérature, j'ai choisi d'expliquer le poème de Robert Penn Warren (1905-1989) qui suit. Pour les non anglophones, ma traduction est à la suite du texte et je mettrai bientôt en lignes les grands points de commentaire de ce poème qui m'a beaucoup plu. Ce n'est pas surprenant quand on sait combien la notion du Temps me fascine...
Old Photograph of the Future
That center of attention - an infantile face
That long years ago showed, no doubt, pink and white -
Now faded, and in the photograph only a trace
Of grays, not much expression in sight.
That center of attention, swathed in a sort of white dress,
Is precious to the woman who, pretty and young,
Leans with a look of surprised blessedness
At the mysterious miracle forth-sprung.
In the background somewhat, the masculine figure
Looms, face agleam with achievement and pride.
In black coat, derby at breast, he is quick to assure
You the world's in good hands - lay your worries aside.
The picture is badly faded. Why not?
Most things show wear around seventy-five,
And that's the age this picture has got.
The man and woman no longer, of course, live.
They lie side by side in whatever love survives
Under green turf, or snow, and that child, years later, stands there
While old landscapes blur and he in guilt grieves
Over nameless promises unkept, in indefinable despair.
Vieille Photographie du Futur
Ce centre d'attention - un visage d'enfant
Qui, il y a bien des années, laissait voir, sans aucun doute, du rose et du blanc -
Avait maintenant perdu de son éclat, et sur la photographie seule une trace
De gris, peu d'expression (encore) visible.
Ce centre d'attention, enveloppé dans une espèce de vêtement blanc,
Est tout* pour la femme qui, jeune et jolie,
Se penche avec les yeux emplis de surprise félicité
Sur ce mystérieux miracle qui vient de sortir*.
Un peu dans le fond, la silhouette masculine
Apparaît, le visage rayonnant de réussite et de fierté.
Vêtu d'un manteau noir, le chapeau melon sur la poitrine, il ne manque pas de vous assurer
Que le monde est entre de bonnes mains - laissez vos soucis de côté.
L'image a perdu de son éclat. Pourquoi pas?
Beaucoup de choses s'abîment / se détériorent vers soixante-quinze ans,
Et c'est bien là l'âge de cette image.
L'homme et la femme ne sont, bien sûr, plus en vie.
Ils reposent côte à côte dans ce qu'il survit d'amour
Sous (de) la pelouse verte, ou (de) la neige, et cet enfant, des années plus tard, se tient là
Tandis que les vieux paysages se brouillent / s'effacent et que lui, coupable, a du chagrin
A cause de promesses non tenues et sans nom*, dans un indéfinissable désespoir.
* this child is precious to me = je tiens à cet enfant; la traduction par "précieux, qui a de la valeur" me paraît fonctionner moins bien ici.
*forth indique un mouvement vers l'avant, tandis que sprung (< to spring) veut dire "sauter." Il y a un jeu de mots qui mime la naissance, le fait que l'enfant sorte (avec un mouvement vers l'avant) du ventre de la mère. Il m'est difficile de trouver une expression française qui fonctionne aussi bien, et si celle proposée ne marche pas trop mal, elle a le désavantage d'être associée au monde du commerce (cf. ça vient de sortir...)
*nameless suggère aussi, et peut donc se traduire par, "indéfinissable"
03:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30/10/2006
Traduction
Depuis que j'ai mis en ligne cette chanson qui a réveillé en moi le petit Grec caché dans un coin (!), j'ai reçu des dizaines de milliers de courriels (si, si c'est vrai!) de la planète francophone et francophile me demandant, que dis-je exigeant, une traduction, en gros bah pour savoir ce qui dit le monsieur dans le clip et histoire de comprendre pourquoi il semble si méchant avec la madame dans la rue.
C'est désormais chose faite. Retournez voir l'article "Tony goes Greek!!!" (quel moment mes aïeux !) daté du 23 octobre et vous verrez de quoi se plaint le jeune homme...
Merci à la plus belle et la plus gentille et la plus transcendante des Chypriotes. FILAKIA rien que pour toi.
03:10 Publié dans Grèce | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29/10/2006
Le campus étatsunien étant ce qu'il est, c'est-à-dire agité par une vie sociale où les étudiant(e)s grouillent de toutes parts, il est un des sites très utiles pour garder le contact avec tous les gens que l'on rencontre, que ce soit en cours (en sachant que l'on change de cours toutes les 10 semaines, vu que l'on fonctionne ici par trimestre), lors d'activités sportives ou culturelles, de jobs ou de rencontres par l'intermédiaire d'ami(e)s, ou encore lors de soirées.
C'est d'ailleurs une des premières questions qu'une étatsunienne m'a posée: "do you have a facebook?" L'expression de mon visage et elle a compris que non. Elle m'a expliqué ce que c'était et voilà qui est fait... depuis que je suis arrivé pratiquement.
Alors c'est quoi Facebook (=trombinoscope en bon français)? Eh bien, au départ, c'est un site web réservés aux étudiant(e)s des pays anglophones. C'est en fait une page perso avec plein de renseignements et c'est comme ça que tu peux rester en contact avec tous tes "ami(e)s" Tu peux envoyer des messages personnels, ou laisser un mot sur le "mur" de tes contacts; si quelqu'un te plait, tu peux le/la "poker" (littéralement, ça veut dire donner un petit coup à quelqu'un; en gros, faire un clin d'oeil pour dire "eh toi, tu me plais"); tu peux aussi mettre des photos et désormais, depuis 3 jours, tu peux aussi partager vidéos et musiques. Tu peux aussi rejoindre des groupes, y'a tout et n'importe quoi, mais je le redis, c'est pratique pour rester au courant de ce qui se passe dans ton groupe et d'établir le contact avec tes "ami(e)s". Le réseau principal est le réseau de ton université, c'est-à-dire que pour moi, mon réseau est UCLA.
A son lancement, Facebook était réservé aux étudiant(e)s, car pour pouvoir s'inscrire il fallait une adresse électronique universitaire (comme XXX@ucla.edu) mais le réseau est désormais ouvert à tous... ce qui pose des problèmes concernant la sécurité et la confidentialité des informations. Car oui, quand on s'inscrit, on peut dire beaucoup de choses (son sexe, qui l'on recherche - homme ou femme -, ce que l'on recherche - amitié, relation, rendez-vous, "whatever I can get" et " random play" me font bien rire -, sa date de naissance, son statut - célibataire, en couple, "it's complicated" - son adresse, ses activités, ses centres d'intérêt, musiques préférées, séries TV préférées, livres préférés, citations préférées et quelques lignes d'expression libre "about me", son parcours scolaire et universitaire ainsi que les cours dans lesquels on est inscrit...
Bien sûr, on peut ne rien répondre mais il est vrai que ce réseau a plus de sens lorsqu'il reste limité aux universitaires. Sinon, ça devient simplement un site comme un autre et certains se plaignent que ça devient comme Myspace (dont la traduction et l'adaptation françaises sont en cours, apparemment), une simple page personnelle dans la toile mondiale.
Le danger, m'avait-t-on prévénu, c'est que l'on devient facilement accroc... Euh, pas plus que ça mais c'est vrai que c'est bien pratique...
D'après mes infos, il existe une version française de Facebook...
03:12 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28/10/2006
Halloween
Je vous préviens de suite, il n'y a pas de photos... ou peut-être réussirai-je à en récupérer quelques-unes mais bon. Je n'avais pas pris mon appareil, c'était déjà pas facile de danser avec ma veste sur les hanches et mon portefeuille dans la poche gauche, j'ose pas imaginer ce que ça aurait donner avec un appareil dans l'autre poche...
Une bonne soirée, où je me suis bien dandiné sur la piste de danse et où j'ai sué comme un cochon! Oui, il fait encore chaud ici!
En fait, avant d'aller à cette soirée Halloween organisée à la Co-op (résidence pour étudiants), on a fait un saut chez une fille qui fêtait ses 21 ans. Moi, je ne la connaissais pas, mais bon, ça n'a rien empêché... On a fini par avoir des bracelets pour entrer à la Co-op et on s'en est donc allés...
L'ambiance était tout de suite différente et bien plus intéressante. Tout le monde déguisé - sauf nous et quelques autres - et un décor et une ambiance très Halloween. Beaucoup de gens et de la musique qui nous a permis de nous remuer, de la tête aux orteils. Le DJ a même passé des chansons françaises - unbelievable! La France, je m'en rends compte de plus en plus, reste une valeur sûre. Cocorico!
L'ambiance était chaude, très chaude, entre tous ces jeunes gens réunis, ces filles et ces garçons qui se collaient les uns aux autres, comme un timbre et son enveloppe. Lorsque les chansons sont devenues suggestives ou un peu olé olé, les corps se sont vraiment rapprochés et on a eu droit, de la part de certains et certaines, à du soft porn, littéralement. Et c'est pas joli joli... Je ne veux pas passer pour prude, coincé ou conservateur, mais bon, je pense que ce genre de choses peut se faire sans pour autant virer à l'obscènité... Il y a manière de faire et manière de faire, comme dirait l'autre.

La fatigue arrivant, je me suis éloigné quelque peu de la piste et j'ai scanné la pièce de mon regard sociologique. Observer les gens est fascinant! On en apprend des choses, c'est dingue !
Alors oui, j'ai observé attentivement ce qui se jouait devant moi. Le premier pouvoir de l'être humain est bel et bien le pouvoir de séduction et quoiqu'on en dise, ce sont les femmes qui maitrisent le monde. J'avais vraiment l'impression de voir des bouteilles de testostérone se secouer devant moi. La seule différence entre les hommes et les femmes est sexuelle, seuls les attributs donnés par la Nature nous différencient et ces histoires de Mars et de Vénus ne sont que des constructions sociales que l'on a greffées sur ce donné naturel. Le petit garçon est élevé avec en son centre le phallus, objet de vénération; et il est tellement important qu'on le mesure et les complexes se créent, tellement important qu'il devient une entité à part entière, affublé souvent d'un surnom... Ce sont là des considérations on ne peut plus intéressantes mais qui me dépassent complètement. Alors, il est aisé de comprendre pourquoi c'est le sexe qui fait tourner le monde, car la relation à Autrui est d'abord basée sur la différence sexuelle. Et c'est de là que tout part...
Le Désir est chose confuse et perturbante car il se plaît à changer de cible constamment. Et l'on désire ce que l'on n'a pas, ce que l'on n'est pas. En regardant tous ces jeunes gens, perdus dans une insouciance alcoolisée ou nageant dans cette suspension de responsabilité, je les ai enviés. Je me suis pourtant bien éclaté tout à l'heure, à leur place... Mais ils semblaient tous se sentir, être bien et plus que moi; j'avais l'impression de regarder une série télévisée où tous les personnages sont parfaits, heureux, biens dans leur peau, tellement biens qu'ils rayonnent... mais d'une aura superficielle. Et pourtant je me sens bien, moi aussi, même si je ne suis pas comme eux... Alors, il faut apprendre à désapprendre cette image irréelle des médias qui nous bombardent de clichés. Il faut se dire que la vision n'est que partielle, une infime minorité, que la réalité est on ne peut plus complexe et que l'être humain est si divers qu'on ne peut le représenter dans sa totalité; alors on fait le choix de la simplicité en catégorisant. Le miroir que la société nous donne de la réalité est un miroir déformé à la base et déformant, le manque de représentation est sûrement une difficulté supplémentaire pour se construire... Alors oui, il faut apprendre à enlever les pièces du puzzle et les remettre à leur vraie place, leur place authentique.
Je sais que dit comme ça, on ne dirait pas, mais j'ai passé une bonne soirée. Ce n'était pas phénoménale mais c'était agréable. Admirez d'ailleurs ce dernier moment agréable de l'être humain imbibé d'alcool. J'étais sur le chemin du retour, je marchais tranquillement quand j'ai croisé un groupe de 3 mecs, titubant. A aucun moment je n'ai croisé le regard de celui du milieu qui s'est pourtant écrier "what are you looking at? You fucking dog!" Dans ces cas-là, même si j'avais envie de répondre "not at you, you jackass!", mieux ne vaut pas enfoncer le clou (d'autant que l'accent peut traduire l'étranger et une réaction presque primale sans fondement est la xénophobie). J'ai donc continué ma route, sans regarder derrière moi et monsieur a cloturé cette magnifique prestation d'intelligence de l'homo sapiens sapiens par un "keep fucking walking" des plus défoncés.
Donc, voilà, bonne soirée avec ma vision de l'humanité, certes guère réjouissante ou optimiste mais bon, that's the way I see things...
03:13 Publié dans Pensées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27/10/2006
Personnes à mobilité réduite
Il faut avouer que les Etats-Unis sont plus en avance que nous sur certains sujets. D'accord, ils sont endettés, d'accord, ils gaspillent comme pas possible... Je l'admets. Mais si l'on regarde le sort fait aux personnes à mobilité réduite (mot politiquement correct, tout comme en anglais il n'est plus très bien vu de dire "the disabled" mais plutôt "people with disabilities"... Ah le langage et ses subtilités ! Et en espagnol, comment on dit???), ils s'en sortent mieux ici.
Tous les bâtiments du campus sont accessibles à ces personnes, il y a un organisme qui se charge de leur bien-être et de leur intégration, et pour prendre le bus, ça leur est facile car tous les bus sont équipés. Il y a une espèce de planche métalique qui se met en place et qui fait passerelle entre le trottoir et le bus. En France, c'est un vrai parcours du combattant...
Aux Etats-Unis, c'est la Liberté qui prime sur l'Egalité, contrairement en France où l'on insiste plus sur l'idée d'Equité. Mais, en France, offrir l'égalité aux personnes à mobilité réduite parait hors des chantiers battus. A moins que l'on regarde les choses d'un autre point de vue: aux Etats-Unis, on fait tout pour que ces personnes soient libres de faire ce que tout le monde peut faire. Les concepts, à des niveaux différents, se fondent plus ou moins l'un dans l'autre...
03:16 Publié dans Détails étatsuniens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26/10/2006
Au menu aujourd'hui
Bon, ma nuit a été légèrement meilleure qu'hier mais si mes sinus semblent se libérer quelque peu, j'ai l'impression que c'est ma gorge qui en reprend un coup... Mais je me soigne toujours et je positive (rien ne peut vraiment m'abattre depuis mon arrivée ici..) et le soleil me fait du bien. Cependant, y'a fait frisquet hier, et gris, c'était vraiment pas top... La Nature se mettrait-elle au diapason avec mon état de santé? Vivement que je rayonne alors!
Que dire d'autre? Alors tout à l'heure, je vais me rendre à l'Alliance Française de Los Angeles, située à Beverly Hills, pour voir si je peux donner des cours de français ou aider à faire de l'humanitaire, c'est-à-dire sauver la langue française dans un pays qui se désintéresse de plus en plus, semble-t-il, des langues étrangères en général, et du français en particulier. Je vais même rencontrer la présidente, attention!
Ensuite, si je peux être de retour pour 13heures, ce serait cool car j'irai voir le groupe des internationaux. On se réunit une fois par semaine, histoire de blablater un peu. Et après, je me mets à mon explication de texte que je dois rendre le 10 novembre pour mon cours de Southern Literature. J'ai déjà débroussaillé le texte, donc ça va...
Halloween oblige, le magasin de UCLA fait des promos exceptionnelles, donc je vais aller faire un tour voir si je peux vraiment dénicher des trucs pas chers... J'ai jamais fait les soldes en France, il a fallu que je sois à Los Angeles pour voir un monde épouvantable dans un magasin, laissant derrière eux un espace de champ de bataille totalement chaotique ! Cela fait plus d'un mois que je suis là et je vivais encore sur le liquide que j'avais amené avec moi... Je suis toujours autant fourmi ! Mais je viens de recevoir de l'argent, alors je vais peut-être m'acheter un ou deux T-shirts... s'ils en valent vraiment le coup !
Hier, je ne suis pas allé au sport vu mon état - j'ai fait ma lessive à la place: c'est tout chaud quand ça sort du sèche-linge, ça donne presque envie de se rouler dedans ! Je devrais peut-être y aller aujourd'hui, mais j'attends de voir l'évolution de mon état... Peut-être que cette semaine, je n'y serai allé que deux fois... C'est pas grave...
Demain, y'a une soirée mais j'attends toujours de voir si je vais pouvoir y aller... Je vais faire mon possible...
Je suis toujours dans l'attente pour le théâtre, ils ont des problèmes avec les metteurs en scène. Mais ça devrait être bon; apparemment, je vais jouer MacBeth dans MacBeth mais vu que le but est de revisiter Shakespeare à la sauce "crazy", je ne sais pas à quoi m'attendre... Suspense...
J'ai postulé pour travailler dans une boîte de sous-titrages et je suis en attente de passer leur test. J'ai reçu un courriel ce matin, dans lequel la dame pointait du doigt le fait que sur mon CV mon adresse est française et sur le formulaire d'inscription, l'adresse est étatstunienne.Apparemment, ils veulent que leurs traducteurs soient dans leur pays d'origine (pourquoi? j'en sais rien, d'autant que tout se fait par internet); j'ai donc envoyé une réponse, leur disant que je ne suis là que jusqu'à juin, dans le cadre de mes études. Ca n'enlève rien à mon français... J'attends... Je croise les doigts car c'est une grande opportunité....
En espérant que tout se passe bien de votre côté, où que vous soyez.
Hasta otra.
07:26 Publié dans Activités autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25/10/2006
Malade
J'ai pas passé une super nuit avec le nez bouché et la gorge irritée... J'ai pris un coup de froid... C'est nul parce qu'ici le soleil ne cesse de briller...
Je me soigne, je vous rassure, avec des médicaments bien de chez nous... et à renfort de chanson grecque...
Gotta go to my classes...
PS: je crois que ça ne m'était jamais arrivé de parler anglais avec une voix un peu enrouée, eh bien j'en viens presque à croire que c'est plutôt sexy !
07:29 Publié dans Flash | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24/10/2006
Séance de sport
Je rentre tout juste de ma onzième séance de sport... J'ai un mal de gorge qui a commencé aujourd'hui (je me soigne, don't you worry!) et c'est pourtant ma meilleure performance jusqu'ici!
C'est parti pour une nouvelle fournée! Opa!
A croire que c'est quand je suis enrhumé que j'arrive à atteindre les 4 miles (= 6,4 km) en 30 minutes. A moins que faire régulièrement du sport commence à porter ses fruits...
| date | durée (min) | distance (miles) | calories brûlées |
| 23/10/06 | 30 | 4,06 | 418 |
| 26/10/06 | 30 | 4 | 412 |
| 28/10/06 | 30 | 3,98 | 410 |
| 31/10/06 | 30 | 3,97 | 409 |
| 02/11/06 | 30 | 3,99 | 410 |
| 04/11/06 | 30 | 4 | 412 |
| 07/11/06 | 30 | 3,97 | 409 |
| 10/11/06 | 30 | 4,06 | 417 |
| 14/11/06 | 30 | 4,02 | 413 |
07:40 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
:-) et :-(
J'ai eu le résultat de mon quiz sur l'histoire de la langue anglaise et j'ai eu 27/30, soit un A qui participe à 15% de ma note finale pour ce cours... Et ce cours, je l'aime vraiment bien; même si je connais en gros l'histoire de cette langue qui me passionne (car j'ai eu des cours similaires à Lyon et à Oxford Brookes), je me délecte toujours de l'histoire des mots ! C'est dingue comme le langage est riche ! Et je me rends compte que je ne connais pas grand-chose de l'histoire de ma propre langue ! J'ai pourtant acheté il y a deux ans un ouvrage qui la relate, mais il m'en faut encore... Et il faut que je lise mon livre sur l'histoire de la langue grecque, que je finisse aussi celui sur les langues en général et que je m'en achète un sur l'histoire de la langue espagnole... J'ai déjà du boulot quand je rentre en France...
Sinon, le cours sur la littérature du Sud des Etats-Unis me barbe un peu car la prof n'est vraiment pas top. On a passé deux heures aujourd'hui à faire du psychologisme sur les personnages ! Pourtant, Their Eyes Were Watching God de Hurston est intéressant et même plaisant mais la prof n'en tire pas grand-chose et ça me frustre !
J'ai faim et soif, alors je vous laisse tandis que résonne à mes oreilles cette chanson grecque qui me transcende...
07:30 Publié dans UCLA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

