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11/05/2007

Le frémissement d'un sourire

Il y a des journées chaleureuses d'humanité, c'est celles qui font du bien, celles qui font sourire, celles qui rassurent quand on a perdu un peu d'espoir. Non que c'était mon cas, mais cette journée a été un peu différente des autres.

Levé un peu après neuf heures, histoire de jeter un coup d'oeil à mes notes pour faire mine de préparer un examen de français qui n'allait pas être difficile du tout (tant dans ce pays on donne les questions à l'avance...), la journée s'annonçait tranquille. Ma pote Ingrid me téléphone, je finissais à peine mon petit-déjeûner: "ça te dit de ramener tes miches sur le campus pour qu'on revoit ensemble le cours ?" Alors, bien sûr, j'ai dit oui car il est toujours mieux de réviser à deux. D'autant que je savais qu'on allait rigoler !

Alors on a révisé tranquillement, entre éclats de rire et petites confidences, des moments simples comme je les aime. On a passé l'examen, rien d'inattendu (ça sent le A à plein nez...). Un petit hug pour se dire au revoir et je suis allé sur Westwood rejoindre Cindy, une jeune fille avec qui j'ai sympathisé pendant le Festival du Film Français. On est allés déjeûner ensemble.

Autour d'une salade et d'un plat italien, avec du bon pain et un verre d'eau, on s'est raconté nos vies. On a partagé nos désirs futurs, cette vie qui file et que l'on transforme tous les jours un peu plus. Des projets dans la tête, ces enVies qui nous poussent en avant, qui nous font tendre la main vers cette lueur qui nous fait avancer. Si je devais retenir qu'une chose de la Vie, c'est des moments comme ceux-là. Des moments gratuits, désintéressés, où l'on partage. Une fraise avec de la chantilly. Une noisette de Nutella (oh la redondance cachée !) sur un petit LU...

Une petite bise plus loin, je remontais le campus. Un autre examen m'attendait - rejouer une scène d'un film avec Luke et Alethea devant deux profs (le couple Caruso) qui connaissent le milieu du cinéma comme personne (elle était dans la classe de Marilyn Monroe, lui était sur tous les plateaux de tournage); du coup, ils ont toujours une anecdote à nous sortir. On a joué, l'alchimie a marché et on a eu droit à nos petits conseils pour améliorer la chose (j'adore quand la prof m'appelle Tony...). Avant de partir, alors que je laisse le mari sortir devant moi, il me tend la main et me dit "good job."

J'ai pris ensuite le chemin de mon appart' en compagnie de Luke, qui m'apprenait qu'il venait d'être accepté pour un Master d'Acteur dans le prestigieux département de UCLA. Il m'a aussi fait part de son désir de se lancer sérieusement là-dedans et de passer des castings et tout le tralala. Il m'a aussi encouragé, le flatteur, de faire la même chose, tellement il me voyait trop sur grand écran, les mêmes paroles que Cindy m'avait dites plus tôt dans l'après-midi. Je lui ai dit qu'il y sera avant moi et que je le rejoindrai une fois que j'aurai un peu plus confiance en moi, ce qui ne saurait tarder.

Je suis ensuite allé répéter pour le film étudiant qu'on tourne demain soir. J'ai appris que j'avais une scène en plus, avec une réplique en anglais. Le reste, c'est moi qui maîtrise vu que je parle en français et mon talent d'écrivain (!) a retravaillé la matière première qu'on m'a donnée. Le réalisateur s'est exclamé "AMAZING! That's amazing!" J'ai hâte d'être à demain, d'autant que c'est répétition générale pour la pièce du département de français - Molière est de sortie...

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