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03/12/2007

Zakynthos

J'ai parfois l'impression d'être un moine reclus dans son monastère, à force de rester enfermé chez moi. Certes, c'est pour la bonne cause: je ne lâche pas mon mémoire. Je passe des pièces de théâtre aux films, je les regarde en français, en anglais, je mets les sous-titres en espagnol, j'analyse certaines séquences, je décortique les scripts et toutes ces répétitions me font connaître par coeur les répliques de ces films que je considère comme cultes. Je me surprends à susurrer des phrases entières lorsqu'elles sont dites à l'écran. Et je suis tellement imprégné de Tennessee Williams que certaines nuits, je rêve de Marlon Brando, Vivien Leigh, Elizabeth Taylor, Paul Newman et tous les autres...

Alors, parfois, pour décompresser, je pars en Grèce. Oui, oui, ça fait bien trop longtemps que je n'ai pas remis le pieds sur la terre de mes ancêtres que ça me manque affreusement. Heureusement que j'ai ma grand-mère (ma yaya) et ses bons petits plats grecs pour me donner l'illusion. Et puis, j'ai maintenant une folle enVie d'aller à Zakynthos, une île ionienne à l'ouest de la Grèce. Oui, je veux y aller et surtout, à Navagio Bay, la plage du naufrage comme on l'appelle. J'écoute de la musique grecque et je m'enivre d'un pays aux endroits merveilleux, et ça me sort du climat oppressant des Etats-Unis des années 50 où la sexualité, l'essence des pièces sur lesquelles je travaille, disparaît comme enchantement. Du coup, mon enchantement à moi, c'est de me planifier une lune de miel dans l'eau turquoise d'une plage où un bateau a fait naufrage mais où deux coeurs tout rouges ne feraient qu'un...

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