« Plus qu'un mois | Page d'accueil | Chaleur »

10/04/2008

MélanTonyque

En allant me faire raser la tête ce matin (ou presque), j'aurais aimé voir tomber sur le sol mes cheveux et mes problèmes, me débarrasser de mes défauts, de ce qui m'encombre. Je me rends compte que mes périodes de spleen se font très rares depuis quelque temps. J'ai deux explications possibles: je me sens neutre et je n'ai pas vraiment besoin de me regarder le nombril; ou alors, et là, c'est grave, je deviens indifférent.

A l'appart, on est désormais 9 parce que le coloc' italien a 4 de ses amis qui sont venus lui rendre visite. Et ce soir, la seule chose dont j'ai vraiment envie, c'est d'être seul. Un rien m'énerve parce que quelque chose s'est passé. Et ça me fait foncièrement chier de ne pas pouvoir être seul. D'accord, je vais aller faire un tour dehors, mais ça ne m'avancera guère: dehors, y'a des gens, y'a des voitures, j'ai pas vraiment d'endroit à moi où aller.

Le maître-mot de ce soir: confusion. Blanche DuBois, dans Un Tramway nommé Désir, fait mention de cette confusion ("there's so much confusion in the world") à un moment de l'histoire, et je crois que je la comprends.

Avant d'aimer les autres, il faut s'aimer soi-même, c'est peut-être ça mon problème... J'en suis arrivé à dire "enterre le petit bout de ton coeur rouge que je t'ai volé et passe à autre chose; j'ai mes propres problèmes à régler avant tout." Je n'ai pas peur de vieillir parce que grandir, c'est mûrir; mais j'ai peur de pourrir, de tellement me braquer que tout m'en devient indifférent, de me résoudre et de ne plus avancer.

J'ai envie de me retrouver seul pour le moment, de m'allonger sur mon lit, de profiter du silence, de laisser faire la douleur et le Temps, de comprendre et reconnaître mes erreurs, mes jugements, me relever pour avancer. Ce soir, je ne peux pas vraiment: ça parle italien derrière moi, ça écoute de la musique à côté de moi, ça clavarde un peu plus loin...

Je vais manger un bout et sortir me promener, j'emporterai avec moi mes soucis comme ces gens qui promènent leur chien. J'essaierai de comprendre et connaître, de me comprendre, de me (re)trouver...

Commentaires

Il faut s'aimer soi-même pour aimer les autres...Si tu veux éviter de pourrir alors n'évite pas de sourire et de rire à l'autre: le problème de l'amour de soi est celui de la reconnaissance par l'autre...Donne de l'amour, ouvre ton coeur toujours, l'enVie n'est-ce la vie en coeur ?
S'ouvir à soi c'est pouvoir s'ouvrir à l'autre, ce que tu fais déjà, donc t'aimer c'est déjà reconnaitre que tu aimes au plus profond de toi. Ce qui te fais défaut quand ton ego n'est pas assez reconnu : ne confond pas l'estime de soi, l'amour de soi et l'amour-propre, seul lieu de l'ego...S'aimer soi, c'est d'abord accepter qu'on ne s'aimait pas pour, ensuite, apprendre à s'estimer et s'aimer comme on aime l'autre d'un amour universel (désintéressé). On en reparlera sûrment.

Ecrit par : Alex | 10/04/2008

J'aime vraiment beaucoup ce blog, le ton de l'écriture, cette maitrise de la langue française, c'est superbement écrit...(sauf que pour mes yeux j'ai du mal à lire blanc sur fond bleu ciel)...mais bravo, j'ai fait un tour sur votre facebook

Ecrit par : jack and Matt | 13/04/2008

Ecrire un commentaire