« Chaleur | Page d'accueil | Les Femmes de l'ombre »
15/04/2008
COLCOA 2008
Hier, le Festival du Film Français (COL-COA, City of Lights - City of Angels) a commencé en grande pompe avec une réception et des invités triés sur le volet pour la projection du film français qui bat tous les records: Bienvenue chez les Ch'tis.
Comme l'an dernier, je suis volontaire, et ce, toute la semaine. Hier, je suis arrivé un peu avant 16h et j'ai aidé à la préparation de la salle pour la récéption. J'ai retrouvé, avec grand plaisir, des gens avec qui j'ai travaillé l'an dernier; c'était comme si revoir la vieille équipe. J'ai revu aussi mes 'sucroeilleries' (eye candies) de l'an dernier, et ça c'est toujours agréable pour les yeux !
Dans l'agitation générale, des caméras filmaient. J'ai vu - son nom m'échappe - l'envoyer spécial Hollywood de Canal+ et CinéCinéma; il préparait visiblement son reportage. Je l'ai revu à plusieurs reprises et en particulier à l'accueil, car, pour mon premier jour, j'étais à la réception, avec ma liste, pointant les gens, leur donnant leur billet et un bracelet autour du poignet pour le cocktail. Ce monsieur - je vais retrouver son nom - était très aimable, comme la plupart des gens, étatsuniens ou français, lors de cette soirée.
En plus d'avoir vu des grandes pontes étatsuniennes, un acteur de Heroes (Jimmy Jean-Louis) et les réalisateurs français Claude Lelouch, Cédric Klapish et autre..., le plus intéressant a été les discours juste avant le film. Différentes personnalités, différents discours mais un seul message: célébrer l'amitié franco-étatsunienne dans le cinéma, l'influence de chacun des pays l'un sur l'autre, chacun a fait l'effort de parler dans la langue de l'autre (avec plus ou moins de succès).
Pendant les discours, pendant le film, j'ai eu cette fierté d'être Français. A l'heure de la mondialisation, je m'interroge sur la place du patriotisme et de cette fierté d'appartenir à une culture donnée. Après tout, les cultures se mélangent de plus en plus, à l'image des gènes qui se brassent. J'ai coutume d'être fier de ma moitié grecque et je le dis souvent; ce soir d'ailleurs, un nom sur ma liste avait une consonnance grecque: quand je l'ai vu, je lui ai demandé et quand il m'a répondu par l'affirmative, je lui ai rétorqué que j'étais à moitié grec. Il m'a dit que c'est une bonne moitié, j'ai continué en lui disant que j'en étais fier, et on a souri. Alors, évidemment, mon sang grec et ma passion pour ce pays ne sont qu'une façade car, je ne suis que d'origine grecque, je ne suis aucunement de culture grecque (ou italienne pour mon autre moitié). Je suis 100% de culture française, c'est la culture qui m'a bercé, c'est celle que je connais, c'est celle que j'éprouve quand je suis à l'étranger. Oui, français en France, c'est rien, c'est être dans son environnement. A l'étranger, c'est être, comme je l'ai dit l'an passé dans un article, comme un poisson hors de l'eau. J'ai ma culture devant moi, en tant qu'objet, que je suis plus à même d'analyser de façon critique parce que j'ai quitté l'environnement familier.
Je pense que travailler dans un poste à l'étranger en tant que représentant de la France est quelque chose qui me parle de plus en plus. Car s'il y a une certaine fierté à promouvoir une certaine idée de la France, j'ai envie de dire, il y a surtout ce dialogue interculturel, cette rencontre avec l'autre culture: donner et apprendre, partager. Et la culture par le cinéma est bougrement fascinante car il s'agit là du médium le plus puissant qui soit, à mon avis. COL-COA inaugure cette année des projections gratuites pour des lycéens étatsuniens: une dizaine de lycées vont participer, avec plus de 1000 jeunes qui, pour la plupart, n'ont jamais vu de film étranger.
C'est là que le bât blesse dans la culture étatsunienne, que l'on célèbre pour son melting pot (ou plutôt salad bowl). Malgré sa diversité culturelle, les films étrangers doivent représenter à peine 1% des fims en salles et ils sont encore plus rares à la télévision. Les habitants des deux côtes et des grands centres urbains ont plus ou moins accès à cette diversité, ce qui n'est pas le cas des trois-quarts des habitants de ce grand pays. C'est pour ça que j'ai du mal à comprendre comment le cinéma étatsunien peut être considéré comme universel et être si connu à travers le monde, mais que ce peuple si divers sur un si grand pays ne soit pas si "intéressé" par le cinéma étranger. Peut-être que la grandeur du pays propose-t-elle déjà un défi de compréhension de la diversité de gens qui font partie du même pays, et donc les cultures étrangères ne soient pas la priorité ? Après tout, comme ce pays tient-il tout ensemble ? J'écoute mes ami(e)s étatsunien(ne)s et passer d'un état à un autre, c'est déjà se confronter à quelque chose de radicalement différent...
19:33 Publié dans Activités autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire