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21/04/2008

Clôture

Voilà, ce dimanche marque la fin de la 12ème édition du Festival du film français à Los Angeles. Les critiques ont choisi La Graine et le Mulet; quant au public, c'est Bienvenue chez les Ch'tis qui a remporté un franc succès, qui peut paraître surprenant étant donné le côté franco-français du film. Mais comme plusieurs personnes m'ont dit: "it is hysterical!" L'humour ne semble pas avoir de frontières.

La journée s'est bien passée, sans heurt. J'ai presque fait l'ouverture comme un grand vu qu'à 11h, l'heure de la première projection de la journée, j'étais le seul volontaire sur place - sans mon boss. Je me suis débrouillé comme un grand pendant la matinée !

On a mangé du gâteau, tiré au sort les gagnants du voyage à Paris et on a tout rangé. Et il a fallu se séparer, se dire au revoir, s'échanger nos emails, se promettre de rester en contact... On s'est serrés la main, on s'est fait la bise, on s'est fait un gros câlin, on s'est dit merci et j'ai quitté la Directors Guild vers 17h, alors qu'il faisait encore jour. J'ai attendu le bus en écoutant Mambo en boucle, histoire de garder le sourire. Mais j'avais les pensées vagabondes, comme les nuages dans le ciel.

D'un côté, ravi de clôturer une bonne expérience, riche sur le plan personnel plus que professionnel. De l'autre, un peu triste de quitter des gens que j'apprécie, des gens avec qui le courant est bien passé, des gens avec qui j'ai vécu le moment présent.

Alors que le bus me promenait sur Sunset, Bel Air et Hilgard, alors que les belles maisons de riches défilaient, j'avais la tête dans les nuages. La musique parvenait à mes oreilles mais seule la mélodie du rythme à ma chute dans l'imaginaire dans lequel mon esprit s'engouffrait. J'avais envie que le monde s'arrête de tourner l'espace d'un instant d'éternité, histoire d'assimiler la joie que j'éprouvais, cette joie née de la rencontre avec l'Autre. Je voulais m'allonger sur l'herbe fraîche et regarder le coton dans le ciel... Je voulais que ce présent moment dure pendant une seconde éternelle. J'avais devant moi un couple de jeunes: des regards, des sourires, des baisers échangés... J'étais comme face à la personne que l'on a envie d'embrasser profondément, où les lèvres deviennent le centre du monde et se transforment en aimant mais que l'on se retient. Cet instant qui dure où deux regards s'attisent, où deux aimants se retiennent jusqu'à ce qu'enfin l'éternité se transforme en cette seconde indescriptible qui s'allonge et s'évanouit d'un seul coup...

Et puis, j'ai dû aller faire les courses !

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