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27/04/2008

Le Retour: festivals

Vous souvenez-vous de ma toute première expérience en tant que figurant dans le court-métrage intitulé Le Retour (The Homecoming) réalisé par Rachel Earnest ?

Eh bien figurez-vous que le film continue de tourner dans les festivals européens et étatsuniens. Après un festival à Clermont-Ferrand et en Irlande où il a remporté le prix du Meilleur Court-Métrage International en début d'année, le petit chef-d'oeuvre est passé par le Michigan au East Lansing Film Festival et la Californie au Sonoma Valley Film Festival. En avril, Le Retour a été diffusé à l'Oxford International Film Festival, au Method Fest en Californie et au Fallbrook Film Festival. Les spectateurs du Newport Beach Film Festival et Lake Arrowhead International Film ont aussi vu Le Retour. En mai, la Floride (Jacksonville) pourra aussi assister au court-métrage, tout comme l'Allemagne à l'occasion du plus grand festival du film étudiant d'Europe, et l'Oklaoma (deadCenter Film festival). Et en prime, le film sera diffusé à Cannes pendant le festival (Cannes Short Film Corner).

Félicitations à toute l'équipe et on croise tous les doigts pour des récompenses !

Site officiel: www.leretour.net

Site IMDB: http://www.imdb.com/title/tt1135515/

La grande question du doublage

Je viens de tomber sur deux vidéos ulta intéressantes sur mon futur métier ! La première est une entrevue de Paul Memmi, grand auteur-traducteur cinématographique et maître de conférence à Paris 10, qui explique le B.A.BA du doublage (comment ça marche ?); dans la seconde, il rentre plus profondément dans son discours d'universitaire sur la sémiolinguistique du doublage. C'est bougrement fascinant, super intéressant, ça a l'air compliqué mais qu'est-ce que j'ai envie de mettre les pieds dans cet univers !

 

 

21/04/2008

Clôture

Voilà, ce dimanche marque la fin de la 12ème édition du Festival du film français à Los Angeles. Les critiques ont choisi La Graine et le Mulet; quant au public, c'est Bienvenue chez les Ch'tis qui a remporté un franc succès, qui peut paraître surprenant étant donné le côté franco-français du film. Mais comme plusieurs personnes m'ont dit: "it is hysterical!" L'humour ne semble pas avoir de frontières.

La journée s'est bien passée, sans heurt. J'ai presque fait l'ouverture comme un grand vu qu'à 11h, l'heure de la première projection de la journée, j'étais le seul volontaire sur place - sans mon boss. Je me suis débrouillé comme un grand pendant la matinée !

On a mangé du gâteau, tiré au sort les gagnants du voyage à Paris et on a tout rangé. Et il a fallu se séparer, se dire au revoir, s'échanger nos emails, se promettre de rester en contact... On s'est serrés la main, on s'est fait la bise, on s'est fait un gros câlin, on s'est dit merci et j'ai quitté la Directors Guild vers 17h, alors qu'il faisait encore jour. J'ai attendu le bus en écoutant Mambo en boucle, histoire de garder le sourire. Mais j'avais les pensées vagabondes, comme les nuages dans le ciel.

D'un côté, ravi de clôturer une bonne expérience, riche sur le plan personnel plus que professionnel. De l'autre, un peu triste de quitter des gens que j'apprécie, des gens avec qui le courant est bien passé, des gens avec qui j'ai vécu le moment présent.

Alors que le bus me promenait sur Sunset, Bel Air et Hilgard, alors que les belles maisons de riches défilaient, j'avais la tête dans les nuages. La musique parvenait à mes oreilles mais seule la mélodie du rythme à ma chute dans l'imaginaire dans lequel mon esprit s'engouffrait. J'avais envie que le monde s'arrête de tourner l'espace d'un instant d'éternité, histoire d'assimiler la joie que j'éprouvais, cette joie née de la rencontre avec l'Autre. Je voulais m'allonger sur l'herbe fraîche et regarder le coton dans le ciel... Je voulais que ce présent moment dure pendant une seconde éternelle. J'avais devant moi un couple de jeunes: des regards, des sourires, des baisers échangés... J'étais comme face à la personne que l'on a envie d'embrasser profondément, où les lèvres deviennent le centre du monde et se transforment en aimant mais que l'on se retient. Cet instant qui dure où deux regards s'attisent, où deux aimants se retiennent jusqu'à ce qu'enfin l'éternité se transforme en cette seconde indescriptible qui s'allonge et s'évanouit d'un seul coup...

Et puis, j'ai dû aller faire les courses !

18/04/2008

Détrompez-vous

La journée d'hier, pleine de bonne humeur, s'est très bien déroulée; j'ai fait une petite blague à Claude Lelouche (sans vraiment le vouloir) en lui demandant ses papiers quand il s'est assis dans la section VIP (le papier avec son nom sur le siège...) et j'ai vu Jonathan Tucker, un jeune acteur (26 ans) étatsunien qui monte et que vous avez pu voir dans des épisodes de New York, Unité Spéciale et Section Criminelle ou plusieurs films.

Je me régale toujours avec mes sucroeilleries (eye candies) et le film que j'ai pu visionner, Détrompez-vous, était bien sympathique, d'autant qu'il se déroule à Lyon. Quelqu'un devrait faire un Lyon, je t'aime ou un film qui capture la vie dans les rues lyonnaises comme si c'était Paris... Le film parle du couple et de l'adultère et s'il était sorti dans les années 50 aux Etats-Unis, les censeurs auraient simplement coupé les légères scènes de sexe (qui vaudront au film au moins une interdiction aux moins de 13 ans de ce côté-ci de l'Atlantique) mais auraient été assez satisfaits d'une fin "morale" qui recadre les choses dans le statu quo.

A vous de juger. Pour info, l'actrice est la même que celle de Notre univers impitoyable... Je ne l'avais pas reconnue tellement elle fait nunuche dans ce film.

17/04/2008

Bonne humeur

Aujourd'hui, il fait 30 degrés, le soleil brille dans le ciel et moi je suis tout content, d'autant que j'ai des rythmes grecs dans les oreilles. Alors, après avoir un peu remué les hanches, je vais aller prendre mon bus pour le festival, tout en continuant à écouter Elena Paparizou et son mambo ennivrant. Excellente journée en perspective !

Μήπως φταίει η νύχτα, μήπως το φιλί
Που καναν το βλέμμα σου να 'ναι φυλακή
Πες μου, πες μου, πες μου,
Τώρα που θα πας
Τώρα που μ' αγάπησες
πίσω θα γυρνάς

Πυρετός, μοιάζεις, σαν θεός
άρχισε ο χορός, κερνά με και πάρε μ' αγκαλιά

Ε, ε, ε , χορεύω Mambo α, ε, α
Mambo α, ε, α και μ' ανεβάζεις
Ε, ε, ε , χορεύω Mambo α, ε, α
Που μ' αγαπάς, Mambo α, ε, α

Νύχτα μην τελειώσεις, μίλα στο πρωί
Θάλασσα ο έρωτας, κύμα το φιλί
Πες μου, πες μου, πες μου,
Τώρα που θα πας
Τώρα που μ' αγάπησες πίσω θα γυρνάς

Πυρετός, μοιάζεις, σαν θεός
άρχισε ο χορός, κερνά με και πάρε μ' αγκαλιά

Ε, ε, ε , χορεύω Mambo α, ε, α
Mambo α, ε, α και μ' ανεβάζεις
Ε, ε, ε , χορεύω Mambo α, ε, α
Που μ' αγαπάς, Mambo α, ε, α

Μέχρι χθες, σε μια μικρή ζωή
Έπεφτε βροχή, τα σύννεφα βαριά
Τώρα ξαφνικά είναι ο ουρανός
Μ΄ άστρα φωτεινός…

Ε, ε, ε , χορεύω Mambo α, ε, α
Mambo α, ε, α και μ' ανεβάζεις
Ε, ε, ε , χορεύω Mambo α, ε, α
Που μ' αγαπάς, Mambo α, ε, α

Notre univers impitoyable

Tout continue à très bien se passer au festival, hormis quelques petits désagréments, les gens sont très sympatiques. Un acteur étatsunien m'a tapé la discussion, j'ai rencontré un réalisateur français, je rigole bien avec l'équipe, vraiment rien à dire !

Hier, je n'ai pas pu voir de film en entier. J'ai vu une heure du film Notre univers impitoyable, sur la guerre des sexes dans le monde de l'entreprise et les relations hommes/femmes, un de mes sujets préférés, et j'avoue que la première heure ne m'a pas déçu, à tel point qu'il faut vraiment que je voie comme le film se termine. Le titre s'inspire de la chanson française du générique de la série Dallas, une référence faite au début du film.

Et la nuit a enveloppé la Cité des Anges de son voile un peu trop frais à mon goût. C'était le dernier jour d'Alexandra que j'ai rencontrée l'an dernier, alors on s'est dit adieu, après un échange de courriels et une chaleureuse embrassade. Sous une lune presque pleine, je suis allé attendre mon bus. Même à minuit, la circulation sur Sunset est bruyante et incessante, mais j'avais les yeux tournés vers le bâtiment où, encore une fois, j'ai ressenti cette gratuité de l'échange et de la rencontre. Qu'il est plaisant, en effet, de partager, de rire et sourire, de se sentir vivant dans la rencontre.

Dans mon univers à moi, la lune est un symbole; c'est alors que les personnages de mon deuxième roman - toujours en gestation - ont pris un nouveau souffle et une scène s'est étoffée dans mon esprit...

16/04/2008

Les Femmes de l'ombre

Tout s'est bien passé pour mon deuxième jour à COL-COA. J'étais préposé aux billets à l'entrée des deux cinémas. J'ai revu Lelouche, Klapisch et les autres et j'ai pu visionner Les Femmes de l'Ombre, traduit en anglais par Female Agents. Vraiment pas mal ce film sur la Deuxième Guerre Mondiale et une partie de l'Histoire que je ne connaissais pas. Certes, un peu glamour dans le casting (ça plaira sans doute aux Etatsuniens...), je le conseille.

Voici la bande-annonce:

15/04/2008

COLCOA 2008

Hier, le Festival du Film Français (COL-COA, City of Lights - City of Angels) a commencé en grande pompe avec une réception et des invités triés sur le volet pour la projection du film français qui bat tous les records: Bienvenue chez les Ch'tis.

Comme l'an dernier, je suis volontaire, et ce, toute la semaine. Hier, je suis arrivé un peu avant 16h et j'ai aidé à la préparation de la salle pour la récéption. J'ai retrouvé, avec grand plaisir, des gens avec qui j'ai travaillé l'an dernier; c'était comme si revoir la vieille équipe. J'ai revu aussi mes 'sucroeilleries' (eye candies) de l'an dernier, et ça c'est toujours agréable pour les yeux !

Dans l'agitation générale, des caméras filmaient. J'ai vu - son nom m'échappe - l'envoyer spécial Hollywood de Canal+ et CinéCinéma; il préparait visiblement son reportage. Je l'ai revu à plusieurs reprises et en particulier à l'accueil, car, pour mon premier jour, j'étais à la réception, avec ma liste, pointant les gens, leur donnant leur billet et un bracelet autour du poignet pour le cocktail. Ce monsieur - je vais retrouver son nom - était très aimable, comme la plupart des gens, étatsuniens ou français, lors de cette soirée.

En plus d'avoir vu des grandes pontes étatsuniennes, un acteur de Heroes (Jimmy Jean-Louis) et les réalisateurs français Claude Lelouch, Cédric Klapish et autre..., le plus intéressant a été les discours juste avant le film. Différentes personnalités, différents discours mais un seul message: célébrer l'amitié franco-étatsunienne dans le cinéma, l'influence de chacun des pays l'un sur l'autre, chacun a fait l'effort de parler dans la langue de l'autre (avec plus ou moins de succès).

Pendant les discours, pendant le film, j'ai eu cette fierté d'être Français. A l'heure de la mondialisation, je m'interroge sur la place du patriotisme et de cette fierté d'appartenir à une culture donnée. Après tout, les cultures se mélangent de plus en plus, à l'image des gènes qui se brassent. J'ai coutume d'être fier de ma moitié grecque et je le dis souvent; ce soir d'ailleurs, un nom sur ma liste avait une consonnance grecque: quand je l'ai vu, je lui ai demandé et quand il m'a répondu par l'affirmative, je lui ai rétorqué que j'étais à moitié grec. Il m'a dit que c'est une bonne moitié, j'ai continué en lui disant que j'en étais fier, et on a souri. Alors, évidemment, mon sang grec et ma passion pour ce pays ne sont qu'une façade car, je ne suis que d'origine grecque, je ne suis aucunement de culture grecque (ou italienne pour mon autre moitié). Je suis 100% de culture française, c'est la culture qui m'a bercé, c'est celle que je connais, c'est celle que j'éprouve quand je suis à l'étranger. Oui, français en France, c'est rien, c'est être dans son environnement. A l'étranger, c'est être, comme je l'ai dit l'an passé dans un article, comme un poisson hors de l'eau. J'ai ma culture devant moi, en tant qu'objet, que je suis plus à même d'analyser de façon critique parce que j'ai quitté l'environnement familier.

Je pense que travailler dans un poste à l'étranger en tant que représentant de la France est quelque chose qui me parle de plus en plus. Car s'il y a une certaine fierté à promouvoir une certaine idée de la France, j'ai envie de dire, il y a surtout ce dialogue interculturel, cette rencontre avec l'autre culture: donner et apprendre, partager. Et la culture par le cinéma est bougrement fascinante car il s'agit là du médium le plus puissant qui soit, à mon avis. COL-COA inaugure cette année des projections gratuites pour des lycéens étatsuniens: une dizaine de lycées vont participer, avec plus de 1000 jeunes qui, pour la plupart, n'ont jamais vu de film étranger.

C'est là que le bât blesse dans la culture étatsunienne, que l'on célèbre pour son melting pot (ou plutôt salad bowl). Malgré sa diversité culturelle, les films étrangers doivent représenter à peine 1% des fims en salles et ils sont encore plus rares à la télévision. Les habitants des deux côtes et des grands centres urbains ont plus ou moins accès à cette diversité, ce qui n'est pas le cas des trois-quarts des habitants de ce grand pays. C'est pour ça que j'ai du mal à comprendre comment le cinéma étatsunien peut être considéré comme universel et être si connu à travers le monde, mais que ce peuple si divers sur un si grand pays ne soit pas si "intéressé" par le cinéma étranger. Peut-être que la grandeur du pays propose-t-elle déjà un défi de compréhension de la diversité de gens qui font partie du même pays, et donc les cultures étrangères ne soient pas la priorité ? Après tout, comme ce pays tient-il tout ensemble ? J'écoute mes ami(e)s étatsunien(ne)s et passer d'un état à un autre, c'est déjà se confronter à quelque chose de radicalement différent...

14/04/2008

Chaleur

Hier, il a du faire environ 30 degrés. Il m'a été très agréable d'aller faire mes courses en short et T-shirt, léger comme un courant d'air, sous le soleil californien. Certes, c'était moins rigolo à mon retour, avec mes deux sacs pleins de victuailles, mais j'ai connu pire.

Aujourd'hui, il fait environ 95 degrés Fahrenheit, soit 35 degrés Celsius. Avec cette chaleur, autant vous dire que tout le monde grogne ("fait trop chaud") et alors que la foule se rue vers les plages telles que Venice et Santa Monica, du coup les autoroutes sont embouteillées (mon coloc a passé 45 minutes dans les bouchons, et une fois à la plage, aucune place pour se garer et bien trop de monde, alors il a opté pour la piscine !), moi j'ai pris ma chaise longue et j'ai lu deux petits chapitres de mon bouquin sur la censure hollywoodienne, les doigts de pieds en éventail.

Faut pas trop m'en demander, parce qu'avec cette chaleur, j'avais rien envie de faire si ce n'est m'étendre à l'ombre dans l'herbe verte et profiter d'un campus vide de monde. Regarder les nuages et penser à ma Vie...

Non, non, moi je me plains pas, j'apprécie mes derniers instants californiens, tout en sachant que de votre côté, il doit faire à peine 15 degrés...

Je vous envoie pleins de bisous gorgés de soleil.

10/04/2008

MélanTonyque

En allant me faire raser la tête ce matin (ou presque), j'aurais aimé voir tomber sur le sol mes cheveux et mes problèmes, me débarrasser de mes défauts, de ce qui m'encombre. Je me rends compte que mes périodes de spleen se font très rares depuis quelque temps. J'ai deux explications possibles: je me sens neutre et je n'ai pas vraiment besoin de me regarder le nombril; ou alors, et là, c'est grave, je deviens indifférent.

A l'appart, on est désormais 9 parce que le coloc' italien a 4 de ses amis qui sont venus lui rendre visite. Et ce soir, la seule chose dont j'ai vraiment envie, c'est d'être seul. Un rien m'énerve parce que quelque chose s'est passé. Et ça me fait foncièrement chier de ne pas pouvoir être seul. D'accord, je vais aller faire un tour dehors, mais ça ne m'avancera guère: dehors, y'a des gens, y'a des voitures, j'ai pas vraiment d'endroit à moi où aller.

Le maître-mot de ce soir: confusion. Blanche DuBois, dans Un Tramway nommé Désir, fait mention de cette confusion ("there's so much confusion in the world") à un moment de l'histoire, et je crois que je la comprends.

Avant d'aimer les autres, il faut s'aimer soi-même, c'est peut-être ça mon problème... J'en suis arrivé à dire "enterre le petit bout de ton coeur rouge que je t'ai volé et passe à autre chose; j'ai mes propres problèmes à régler avant tout." Je n'ai pas peur de vieillir parce que grandir, c'est mûrir; mais j'ai peur de pourrir, de tellement me braquer que tout m'en devient indifférent, de me résoudre et de ne plus avancer.

J'ai envie de me retrouver seul pour le moment, de m'allonger sur mon lit, de profiter du silence, de laisser faire la douleur et le Temps, de comprendre et reconnaître mes erreurs, mes jugements, me relever pour avancer. Ce soir, je ne peux pas vraiment: ça parle italien derrière moi, ça écoute de la musique à côté de moi, ça clavarde un peu plus loin...

Je vais manger un bout et sortir me promener, j'emporterai avec moi mes soucis comme ces gens qui promènent leur chien. J'essaierai de comprendre et connaître, de me comprendre, de me (re)trouver...

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