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20/06/2008

Soutenance

Vendredi 20, c'était le grand jour - le jour de la soutenance de mon mémoire. Pendant une bonne année et demie, j'ai bossé comme un forcené, mais avec un plaisir fou, sur mon sujet. Je me suis jeté corps et âme dans ce mémoire qui, au final, regroupe 200 pages de détails passionnant sur une thématique qui m'a fait vibré.

Titre du mémoire: Tennessee Williams & the movies, birds and bees appear, fairies get tweezed. Problématique: Comment la sexualité à l'oeuvre dans les pièces de Tennessee Williams (Un tramway nommé désir; La chatte sur un toit brulant; Soudain, l'été dernier) est-elle retranscrite sur grand écran ? En d'autres termes, comment le cinéma américain des années 50 se réapproprie-t-il, assimile-t-il, la sexualité à l'oeuvre dans les pièces du dramaturge ?

Résumé:

La perspective de ce mémoire est globale et s’inscrit dans le cadre général d’une réflexion sur le processus d’adaptation d’une pièce de théâtre pour le grand écran. Mais l’étude est circonscrite à un thème – la sexualité – et à une période donnée – les États-Unis des années 50 – dans trois pièces de Tennessee Williams : Un Tramway nommé désir (1951), la Chatte sur un toit brûlant (1958) et Soudain, l’été dernier (1959). L’étude comparative des deux médias – le théâtre et le cinéma – est loin d’être exhaustive et a pour but de titiller la notion de fidélité en mettant en lumière comment le cinéma des années 50 s’est réapproprié la sexualité à l’œuvre dans l’univers du dramaturge, en la transposant à l’écran à une époque où le Code de Production (ou Code Hays), que j’affublerai du nom de camisole de force cinématographique, commence à défaillir.

L’étude comprendra également des références précises concernant les versions doublées et sous-titrées en français et en espagnol dans le but d’offrir un éclairage sur la notion même de censure.

C'est mon petit-chef d'oeuvre, c'est une part de moi, c'est un travail qui me tient très à coeur. Alors, j'ai préparé promptement ma soutenance et quand le moment est arrivé, j'avais le coeur qui battait. Face à moi, mon directeur de mémoire et un autre membre du jury. Derrière moi, deux amies venues me soutenir, en plus de ma coordinatrice de Californie.

Pendant 20 minutes, j'ai exposé les raisons de mon choix de sujet, la conduite de ma recherche, j'ai justifié mon plan et ma démarche. Mon directeur de mémoire a ensuite repris point par point mon travail, avec commentaires critiques, positifs et négatifs. Il a appris des choses, a considéré beaucoup de choses comme étant "intéressantes", a salué mes analyses fines, est revenu longuement sur mes annexes qu'il a trouvées particulièrement éclairantes, puis il a laissé la parole au deuxième membre du jury. Elle a commencé par souligner la semaine fantastique qu'elle avait passé en compagnie de mon mémoire, et combien mon anglais était fluide, facile à lire et combien elle avait ressenti la passion que j'y avais glissé. Elle a fait d'autres commentaires critiques, positifs et négatifs, et m'a posé quelques questions.

Puis je suis sorti de la salle, et pendant que le jury délibérait, j'ai recueilli les impressions de mon auditoire - très bonnes. Au bout de deux minutes, ils nous ont fait re-rentrer et debouts, ils m'ont lancé solennelement: "nous vous attribuons la note de 18 sur 20 avec les félicitations du jury."

Les discussions préalables m'avaient légèrement rassuré, le verdict m'a tout simplement enchanté. Ils m'ont demandé mes projets, m'ont félicité et on s'est quittés. J'ai retrouvé mon auditoire qui n'a guère tari d'éloges et qui m'a rachauffé le coeur. Pur moment de bonheur et d'exaltation. Ma joie m'a fait prévenir du monde... J'étais sur mon petit nuage - mon travail avait payé.

J'ai deux projets dans le sillage de ce mémoire: publier des articles pour les Tennessee Williams studies et re-traduire Tennessee Williams en français.

Affaires à suivre...

16/06/2008

Nice

A peine rentré de mon tournage épuisant, je suis parti dimanche pour Nice. Au programme: épreuves d'anglais et entretien de motivation.

Je suis arrivé à mon hôtel en milieu d'après-midi et j'ai profité du beau temps pour faire un tour dans la ville et allé repérer les lieux de mes épreuves du lendemain. A peine sorti de la gare, j'avais de bonnes vibrations, un peu comme à mon arrivée à Los Angeles le 16 septembre 2006. La ville m'a plu, c'était un bon point, je m'y sentais bien, un autre bon point.

Le lendemain, j'ai rejoint la faculté de Lettres en bus pour passer mes épreuves: 2 heures de version littéraire (dialogue, réécriture du petit chaperon rouge). Verdict: quelques mots m'ont posé problème et je sais que j'ai fait quelques fautes aussi, mais en gros, je suis assez satisfait de mon rendu en français. Vinrent ensuite 2 heures de traduction journalistique (mini-article sur le film Transamerica). Beaucoup plus coriace avec un titre sur lequel je me suis arraché les cheveux, des phrases denses avec des mots inconnus. Malgré cela, je pense m'en être bien tiré, j'ai essayé de faire preuve d'un peu d'imagination, comme dans la version précédente.

Après la pause déjeuner, mini-entretien de motivation en français: présentez-vous, quel est votre parcours, pourquoi postulez-vous pour cette formation étaient les trois questions générales, auxquelles j'ai répondu du mieux que j'ai pu, en insistant sur mes séjours à l'étranger, ma passion et mon mémoire.

Verdict: je n'ai aucun moyen de me prononcer, étant donné que je ne connais pas le parcours académique des autres candidats. Seul point positif à ce jour: sur 33 éligibles à passer les tests d'anglais, seuls 24 se sont présentés... Au final, il n'en restera plus que 6.

Réponse lundi 30 juin. Je croise les doigts.

14/06/2008

Tournage

A la fin du mois de mai, encore en plein dans mon mémoire, je réponds à une annonce de casting pour un des rôles principaux dans un moyen-métrage étudiant tourné à St-Etienne. L'affaire étant urgente, le réalisateur, me contacte dès le lendemain pour que l'on puisse se voir sur Lyon pour un mini-casting. On est mardi et le tournage est censé débuter le vendredi de la même semaine - l'affaire est urgente.

Le contact avec le réalisateur et son assistant est bon et ils semblent tous les deux satisfaits de mon jeu (ils m'ont fait faire une scène où je n'ai pas de dialogue, tout est dans la gestuelle; et une autre avec du dialogue). Ils repartent après plus d'une heure d'entretien, en me disant qu'ils me recontacteront jeudi pour me dire s'ils me prennent ou pas. J'étais stressé, mais je suis resté avec un sentiment assez positif de la rencontre.

Jeudi, je reçois un mail dans lequel Nicolas, le réalisateur, me dit que le tournage a été repoussé et qu'ils se permettent donc de faire passer d'autres castings. J'aurai la réponse en début de semaine prochaine (début juin).

Alors que je me rendais à Lyon 2 pour rendre une petite visite à ma coordinatrice, Nicolas m'appelle pour m'annoncer la nouvelle - je suis pris ! Je suis super content et Christine est la première au courant ! Elle se réjouit autant que moi.

D'un mot, c'est l'histoire de trois potes (Alex, Juan et Micky) qui se retrouvent dans la mouise et qui décident sur un coup de tête de braquer une banque. Genre: comédie sociale; titre: Appelez-moi Sacha, s'il vous plaît; particularité: le film est tourné en noir et blanc jusqu'au moment du braquage (qui démarre quand je me prends une balle dans le pied).

Tout s'enchaine ensuite très vite. Je revois Nico le lendemain sur Lyon pour revoir un peu le personnage (Micky, la vingtaine, boiteux). Je suis convié à St-Etienne dès le lendemain (jeudi) et pour une durée de 10 jours de tournage (5-14 juin), en sachant que je dois rendre mon mémoire sur papier le vendredi 13 et que le dimanche 15, je dois me rendre à Nice pour passer mes tests d'entrée le lundi 16, et que ma soutenance est prévue le vendredi 20.

Le jeudi soir, je fais donc la connaissance de mes deux partenaires, Timothée (Alex) et Jean (Juan), ainsi que de la copine de Nico, Valentine, chef op' et la régisseuse, Valentine aussi. Je revois Matthieu, l'assistant réa, je rencontre aussi Thomas, l'accessoiriste. L'ambiance est bonne, les gens très sympas.

Le vendredi, je n'avais pas de scène à tourner, mais je suis allé voir les autres, histoire de mesure la température sur le plateau et d'apprendre pleins de choses de cinéma et de rencontrer les gens (Laurent et Serge, acteurs; Mélusine la maquilleuse, Marina la scripte...). Le weekend, on a tourné la scène du braquage de banque dans une agence EDF. En vrac, j'ai porté mon masque de clown, j'ai planqué un fusil plus grand que ma jambe dans mon pantalon, j'ai crié, menacé des gens qui n'étaient pas là (c'est là la magie du cinéma, le montage vous fera croire le contraire...)... Weekend très formateur et enrichissant, même s'il n'a fait que pleuvoir.

Le reste de la semaine, on s'est couchés à point d'heure pour se lever tôt le matin. J'avais des scènes tous les jours, en intérieur comme en extérieur, avec toujours le même costume (pantalon noir, chaussures noires, chemise blanche à manches courtes - le plus classe des trois personnages). On a eu de la chance, quand on tournait à l'intérieur, il pleuvait et pour nos scènes extérieures, du grand soleil.

Une très bonne expérience on ne peut plus enrichissante ! Je ne sais pas ce que je vaux, mais le réalisateur semblait satisfait du résultat - j'attends de voir ce que ça va donner sur grand écran. C'est marrant de voir combien tout est en fait saucissonné: les plans sont des petits bouts, mis les uns à la suite des autres; parfois, je n'avais qu'une réplique, que je répétais jusqu'à plus soif, histoire d'avoir plusieurs possibilités. La scène en voiture a été compliquée à tourner; le plan séquence dans la chambre était épuisant (en plus de la chaleur) mais drôlement rigolo, surtout quand des prises finissent dans le bêtisier; la scène de ralenti de l'arrivée à la banque, là où on marche tous vers notre destin, en mettant nos masques, m'a fait un mal fou étant donné que je devais boiter avec un fusil dans la jambe - si y'en a un des trois qui va pas être glamour, c'est bien moi ! Quant à la scène où l'on s'enfuit de la maison avec le fusil, on l'a recommencée une huitaine de fois - à la fin, à force de courir (en boitant, pour moi), on était rétamés !

Le montage a déjà commencé, le film devrait être diffusé dans une salle à St-Etienne en septembre; ensuite, il partira pour les festivals...

A suivre.

05/06/2008

Grandes nouvelles

Mais où est donc passé Anthony ?? Oh Anthony, depuis qu'il est rentré de Los Angeles, a été très occupé !! Mais la dernière dépêche vient de tomber et voici les nouvelles:

  • Le mémoire est terminé depuis dimanche 1er juin. Presque 2 ans de travail et de recherche intenses enfin achevés, mais les perspectives restent grandes. Affaire à suivre.
  • La soutenance est prévue le vendredi 20 juin à 13h30. Ce que je vais dire commence à bien prendre forme dans ma petite tête et je vais les épater !
  • J'ai été accepté à passer les tests de langue et l'entretien individuel à Nice pour le Master pro de Traduction Audiovisuelle, chose que j'attends depuis des lustres! La convocation est fixée aux 16 et 17 juin prochain. Va falloir briller !
  • Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, je pars aujourd'hui à St-Etienne sur le tournage d'un moyen-métrage (40 minutes): j'ai été pris pour jouer l'un des trois rôles principaux. Pitch: 3 potes en manque d'argent qui décide de braquer une banque. Particularités: mon personnage boite et fume (!) et le film sera à moitié en noir et blanc et en couleur.
  • Le 21 juin, je monte sur Paris pour ma réunion de préparation à Malte (2-21 juillet) et je reste dans la capitale jusqu'au lundi 23, histoire de profiter de mes ami(e)s parisien(ne)s.

Comme vous le voyez, c'est la fête ! Que du bonheur ! Mais tout va se passer dans les deux semaines qui viennent car je rentre du tournage samedi prochain, soit à peine 2 jours avant Nice. Et entre Nice et ma soutenance, je n'ai que 2-3 jours ! Bref, une période intense et exaltante avec au final, si tout marche, que du bonheur !

Souhaitez-moi bonne chance et on se retrouve fin juin.

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