22/05/2008
Quelques mots griffonnés sur la page
J'ai regardé en l'air dans le ciel bleu de tes yeux,
J'ai amassé le blanc coton des nuages
Pour conforter ma lourde tête;
Et le crayon sur la page
Dessinait un coucher du soleil merveilleux,
Tandis que la chaleur du vent estival
Transportait le joli souvenir de ta voix:
Et les mots provenant de tes lèvres
Aussi douces que le miel,
Me laissèrent glisser au royaume de Morphée.
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25/02/2007
Disparition
J'écrivais ton prénom avec sage passion,
Dans le ciel un avion, et mon Être abandon.
L'encre bleue de l'aveu, mon amour langoureux,
Le Hasard destructeur employa l'effaceur.
Au crayon à papier, je faisais le dessin
De ton corps, de tes lèvres, de tes mains, de tes reins.
Et le gris sur le blanc, devenant océan,
Gorgeait alors la page de cet émoi ranimant.
Mais le gros cube de gomme, ennemie de l'idiome,
L'estompa brusquement, tout devint monochrome.
Mes orteils sur le sable, caressés par les vagues,
Transcrivaient un à un les battements de mon âme.
Mais la mer assassine, implacable par son flux,
Grignotait le rivage, alors tout disparut -
Comme une larme échappée de mes yeux fatigués
A brouillé la belle encre sur le bout de papier.
Cet Amour de deux ans, emporté par le vent,
Sombra soudainement dans le noir du néant.

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14/02/2007
St Valentin
L'eau chaude sous la douche me rappelle la chaleur de son corps,
Cette caresse délicate imprégnant tous mes pores,
Le trésor d'une aurore multicolore.
Les étoiles dans les cieux
Comme l'éclat de ses yeux,
Pleins de bleu, amoureux.
Et le croissant de lune,
Le sourire de ma bonne fortune.
La fraîcheur de la brise
Aussi douce qu'une cerise
Sur mon corps alangui par l'emprise.
Et mes veines s'emplissant
De mon sang océan
Qui châtouilla mon âme.
Cette dernière, demandant un sésame,
Exigea de la bouche un poème.
Et les deux lèvres en coeur
Dessinèrent un je t'aime
Séducteur et songeur.
Dans mon lit sous la couette,
Bien au chaud et poète,
Combattant Solitude et le froid d'une tempête,
Une larme s'échappa.
La brillance lumineuse,
La patience paresseuse
De cette eau lacrymale et radieuse
Disparurent dans un éclat de rire !

Ma bouche te touche,
Mes lèvres t'épellent,
Mes yeux ton feu,
Mes mains ton bien
Mon corps ton réconfort,
Mon âme ta flamme,
Mon Être, ton Être.
Quand je ris, tu t'éclaircis,
Quand je pleure, ton coeur amortisseur.
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29/01/2007
Quelques mots lancés sur la page...
Fatigue physique,
Alangui mélancolique,
EnVie ontologique.
Etincelle amicale,
Ravivée par un coup de vent sidéral.
Une torpeur de l'esprit,
Une langueur d'enVie a chatouillé mon âme et puis...
Un futur prometteur,
Et du rouge dans mon coeur.
Un manque absent,
Et pourtant...
Désir ardent,
Et mon âme pleine de sang.
Tes bras tout autour...
Amour.
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05/11/2006
Luna llena
Je sais pas pourquoi mais j'ai l'impression d'avoir plus la tête dans les étoiles ici qu'en France et je ne cesse de remarquer et d'admirer cette magnifique lune. Hier, elle était pleine mais un voile gris - nuage ou pollution - la dissimulait quelque peu au regard humain.
Mais ce soir, quand je suis sorti de mon immeuble pour aller faire un peu de sport, je l'ai aperçu, sans avoir à vraiment lever les yeux. Elle était ronde et pleine et blanche, dans un ciel bleu nuit. Elle était rayonnante d'attrait.
Elle est belle la lune et elle, on peut la regarder en face. Hélios luit mais ne se laisse pas regarder sans protection; on ne ressent sa chaleur qu'indirectement. Artémis, elle, se découvre sans complexe et on l'admire à l'oeil nu.

Elle est le coeur du ciel,
Elle est belle, étincelle.
Elle est ronde
Dans la voûte celeste, féconde.
Elle est blanche et palpite
Et mes idées crépitent.
Les étoiles tout autour
Sont ses plus beaux atours,
Comme la poussière magique
D'un bel Etre angélique.
De là-haut sa lumière,
Sur les cieux, réverbère,
M'appelle et me glisse
A l'oreille, le doux nom d'Artémis.
Elle est chaste, elle est pure,
Me promet le futur.
Un sourire dessiné,
Un éclat propagé,
Elle me tend son harmonieuse rondeur,
Sa lumière, sa chaleur;
Et soudain à côté
Je vois une étoile se mouvoir, clignoter.
Apollon, son jumeau,
Me satisfait du plus beau des cadeaux.
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31/10/2006
Poème sur le Temps
Pour devoir de mi-trimestre en littérature, j'ai choisi d'expliquer le poème de Robert Penn Warren (1905-1989) qui suit. Pour les non anglophones, ma traduction est à la suite du texte et je mettrai bientôt en lignes les grands points de commentaire de ce poème qui m'a beaucoup plu. Ce n'est pas surprenant quand on sait combien la notion du Temps me fascine...
Old Photograph of the Future
That center of attention - an infantile face
That long years ago showed, no doubt, pink and white -
Now faded, and in the photograph only a trace
Of grays, not much expression in sight.
That center of attention, swathed in a sort of white dress,
Is precious to the woman who, pretty and young,
Leans with a look of surprised blessedness
At the mysterious miracle forth-sprung.
In the background somewhat, the masculine figure
Looms, face agleam with achievement and pride.
In black coat, derby at breast, he is quick to assure
You the world's in good hands - lay your worries aside.
The picture is badly faded. Why not?
Most things show wear around seventy-five,
And that's the age this picture has got.
The man and woman no longer, of course, live.
They lie side by side in whatever love survives
Under green turf, or snow, and that child, years later, stands there
While old landscapes blur and he in guilt grieves
Over nameless promises unkept, in indefinable despair.
Vieille Photographie du Futur
Ce centre d'attention - un visage d'enfant
Qui, il y a bien des années, laissait voir, sans aucun doute, du rose et du blanc -
Avait maintenant perdu de son éclat, et sur la photographie seule une trace
De gris, peu d'expression (encore) visible.
Ce centre d'attention, enveloppé dans une espèce de vêtement blanc,
Est tout* pour la femme qui, jeune et jolie,
Se penche avec les yeux emplis de surprise félicité
Sur ce mystérieux miracle qui vient de sortir*.
Un peu dans le fond, la silhouette masculine
Apparaît, le visage rayonnant de réussite et de fierté.
Vêtu d'un manteau noir, le chapeau melon sur la poitrine, il ne manque pas de vous assurer
Que le monde est entre de bonnes mains - laissez vos soucis de côté.
L'image a perdu de son éclat. Pourquoi pas?
Beaucoup de choses s'abîment / se détériorent vers soixante-quinze ans,
Et c'est bien là l'âge de cette image.
L'homme et la femme ne sont, bien sûr, plus en vie.
Ils reposent côte à côte dans ce qu'il survit d'amour
Sous (de) la pelouse verte, ou (de) la neige, et cet enfant, des années plus tard, se tient là
Tandis que les vieux paysages se brouillent / s'effacent et que lui, coupable, a du chagrin
A cause de promesses non tenues et sans nom*, dans un indéfinissable désespoir.
* this child is precious to me = je tiens à cet enfant; la traduction par "précieux, qui a de la valeur" me paraît fonctionner moins bien ici.
*forth indique un mouvement vers l'avant, tandis que sprung (< to spring) veut dire "sauter." Il y a un jeu de mots qui mime la naissance, le fait que l'enfant sorte (avec un mouvement vers l'avant) du ventre de la mère. Il m'est difficile de trouver une expression française qui fonctionne aussi bien, et si celle proposée ne marche pas trop mal, elle a le désavantage d'être associée au monde du commerce (cf. ça vient de sortir...)
*nameless suggère aussi, et peut donc se traduire par, "indéfinissable"
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